Moss Glen Trail – Péninsule de Kingston

Moss Glen Trail – Péninsule de Kingston

L’aventure peut-elle vraiment se trouver au coin de la rue ?

J’ignore la réponse à cette question, si tant est que ce soit vraiment une question que l’on puisse raisonnablement se poser. Disons qu’elle évoque simplement la réminescence d’un débat que j’avais eu sur les bancs d’un amphithéatre alors que nous étions probablement très très peu intéressés par les propos du professeur qui oeuvrait ce jour là.

Toujours est-il que si je résumais en quelques mots ce que nous avons fait et vus ce samedi d’août où la chaleur étouffante et accablante d’humidité nous laisse penser que nous évoluons dans une jungle birmane plutôt qu’une forêt du Canada, voici ce que çà pourrait donner.

Ils prirent un navire et traversèrent un quasi fleuve pour une presque île !

Partis de la maison, nous voilà après tout au plus 7 minutes à patienter que le prochain bâteau, en réalité un traversier tiré par un câble, vienne nous cueillir afin de nous faire traverser la Kennebecassis en direction de la péninsule de Kingston.

De ce bref voyage, on retiendra surtout la cavalcade de motards avec qui nous partageâmes l’esquiffe, venus de Nouvelle Ecosse et d’ailleurs, chevauchant pour la plupart des Harleys en jeans rapiécés, tatouages et casques lourds, et à la gouaille très sonore.

Pétarades et invectives, la nuée bruyante et colorée anima la traversée.

Encore quelques minutes de route et trois demi-tours plus tard, nous trouvons avec difficulté l’indication de départ du sentier qui nous permettra de réaliser en boucle le « Glen Moss trail ». Un torrent tumultueux nous apporte sa frâicheur bienfaisante. Nous le traversons sans peine, le chemin étant équipé comme toujours d’un rutilant petit pont de bois. Mais la frissonante brumisation cesse bien vite et il ne reste alors que le sol spongieux, reliquat de la pluie torrentielle (mousson ?) de l’avant-veille, l’odeur de champignons, la mousse dense et verte omniprésente, les moustiques, et la transpiration spontanée. Non pas qu’il fasse très chaud au thermomètre, tout au plus 25 ou 26 degrés, mais l’atmosphère est saturée d’eau.

Dans un parfum de pourriture et de moisissures évoquant la jungle d’Asie du Sud Est, progressant pas à pas sur un sol en décomposition, quel animal sauvage féroce, quel insecte suceur de sang, quel reptile arboricole aux couleurs improbables nous scrutent et nous jaugent en cet instant même ?

Bienfaits de la technologie s’il en est, un coup d’oeil au GPS et à la carte, et nous réalisons qu’un lac est à portée de pas. Le sentier l’évite soigneusement. Pourtant il est tout proche et il suffirait de se frayer un passage dans les fougères et les ronces pour rejoindre ses berges, où des eaux claires et clapotantes évoquent la sérénité que nous cherchons souvent vainement. Un lac vaste au milieu d’une forêt, pas de chemin, encore moins de route, juste une cabane sur l’autre rive. Presque improbable non ?

Bravant la végétation hostile, puis l’interdiction d’aller plus avant: « Private property, No Tresspassing !« , encore un tout petit peu plus loin, ne rien déranger, juste plonger son regard dans les eaux du lac.

La climatisation naturelle du courant d’air raffraîchi par son passage sur cette grande étendue d’eau et voilà qu’on ne voudrait plus repartir. Il y a tant à voir également. Comme cette mare juste là, formée par un bras stagnant, grouillante de vie, façonnée de formes et de lumières contrastées. Ou ces fleurs qui poussent au bord de l’eau. Ou encore ces feuilles couleur soleil qui flottent à la surface, retenues par des tiges que l’on voit enracinées dans le sol du lac, l’eau est si claire. Rougeâtre aussi.

Ce rocher en plein milieu de ce fertile enfer vert. Il fut déposé ici il y a 20000 ans par la moraine d’un glacier. Il aurait tant à raconter s’il le pouvait.

Puis la marche reprend. Renaclant et peinant à respirer à pleins poumons dans cet air dense et chargé, nous bouclons la boucle. Un dernier moment à capturer à vitesse aussi lente que possible les eaux du torrent. Pourquoi n’ai je pas pris mon pied photo, calice !
Et nous repartons pour 10 minutes de route en direction des cascades de Glen Moss.

Et l’indigène, musculeux, et visiblement un peu alcoolisé, courra, sauta dans les airs, et plongea avec grand fracas dans un trou d’eau froide de 15 pieds de profondeur aux pieds de la cascade.

Deux cascades se succèdent là, avant que l’eau du torrent, toujours le même en fait, ne se jette dans la large Kennebecassis. Il n’y a pas vraiment de chemins. Juste des traces, et des cordes aussi aux endroits les plus escarpés, pour gagner l’une puis l’autre des deux cascades et s’émerveiller comme des gosses du fracas de ces eaux laiteuses.

S’émerveiller, voici ce qui résume le mieux le sentiment qui aura animer cette balade.
Retour par la route qui remonte la péninsule et permet de traverser par un pont un bras moins large de la rivière. La jolie petit ville de Hampton est là, lovée entre la Kennebecassis River, la Hampton River, et des interstices plus marécageux ou canards et hérons prospèrent.

One thought on “Moss Glen Trail – Péninsule de Kingston

  1. on ne sait que dire… est ce le texte plus beau que les photos ?
    et bien non le tout est magnifique intéressant , même
    inquiétant côté moustiques et champignons…

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