Une rivière, un fleuve, un fjord ?

Une rivière, un fleuve, un fjord ?

La rivière Kennebecasis est comme une aberration pour notre esprit formaté aux habitudes européennes.

En tout premier lieu, on hésite autant sur la prononciation que sur l’orthographe. Le simple ‘s’ se prononce comme s’il y en avait deux. Et l’origine de son nom prend source dans les premières nations Mi’kmaq, en « Kenepekachiachk », qui a ce que j’en comprends évoquerait « l’endroit de la petite longue baie », ce qui en soit porte une véritable contradiction.

Mais à côtoyer cet endroit magnifique, on s’étonne quand même avec nos yeux d’européens de voir une rivière de seulement 96 kms de long aussi large et aussi majestueuse, a un point tel qu’on dirait un fleuve. Mais court…

Ou bien encore un fjord, mais sans les falaises.

L’hiver, on est surpris de constater combien en quelques jours et quelques nuits d’un froid piquant les premières glaces apparaissent, puis freinent et enfin arrêtent le courant en face de Rothesay la bourgeoise. Ainsi de début janvier à début mars, le bras de la rivière qui sépare la rive sud de l’ile Longue (une autre Long Island, pas très imaginatifs les premiers colons) et qui mesure a cet endroit environ 2,5 kms tout de même se met au repos, du moins en surface. Les pêcheurs sur glace installent leurs cabanons. Les voitures, les motoneige, les piétons, équipés de crampons ou de patins s’aventurent sur l’eau gelée.

Les petits français, étonnés et émerveillés, peinent a sortir de leur automobile et manquent de se briser les os sur le sol couvert de glace.

Mars ne marque pas véritablement un réchauffement significatif à première vue. La neige est toujours là, le froid aussi, le vent glacial toujours et surtout. Pourtant en quelques jours, l’eau se libère et reprend sa course en direction du fleuve Saint Jean. Cette année, les nuits sont restées froides ce qui apporte deux avantages: la sève de l’érable s’écoule tranquillement le jour venu. Et la débâcle des glaces en provenance du nord de la province prend son temps, au grand bonheur des riverains qui ne se retrouvent pas ainsi brutalement inondés.

Début mai, quelques floconnades se produisent encore, le temps de blanchir les arbres avant de fondre en quelques heures. Le vent est encore là, toujours froid, mais habile a libérer le ciel de ses nuages.

Nous enfin, nous tentons quelques promenades le dimanche. Encore une fois à seulement quelques encablures de Saint Jean s’offre a nous ce joli « Tucker Park » qui au moyen de sentiers très faciles permet de côtoyer la rivière Kennebecasis. Tiens, une plage ?

Encore un endroit qu’on veut faire découvrir tant il inspire sérénité et étonnement. Une activité supplémentaire au programme de nos visiteurs, lorsque les frontières s’ouvriront de nouveau.



Pour aller plus loin ?

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1003322/lexique-mots-neige-hiver-guy-bertrand

https://en.wikipedia.org/wiki/Kennebecasis_River

One thought on “Une rivière, un fleuve, un fjord ?

  1. Enfin Tabarnouche est revenu…de son confinement .
    Encore plus poëte , encore plus émerveillé par cette nature
    généreuse ,impressionnante .
    Nous attendons le printemps et son explosion ….
    pour nous en mettre plein les yeux

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