Musquash bay : Black Beach trail

Musquash bay : Black Beach trail

Deep in the forest a call was sounding, and as often as he heard this call, mysteriously thrilling and luring, he felt compelled to turn his back upon the fire and the beaten earth around it, and to plunge into the forest, and on and on, he knew not where or why; nor did he wonder where or why, the call sounding imperiously, deep in the forest.

Jack London, The Call of the Wild

Dans la série « on découvre la nature environnante », il ne fallait pas rater l’occasion ce dernier samedi de profiter une fois encore d’une journée magnifique.

Après deux jours de tempête, ou la pluie s’est disputée avec le vent, et qui se sont terminés par une panne de courant généralisée, on avait peine à en croire nos yeux samedi matin : pas un nuage, pas de vent, la fraicheur d’une journée de novembre.

Sans trop réfléchir, on jette donc l’idée d’aller visiter Black Beach dont nous avons entendu déjà plusieurs fois les louanges. Pas plus de 35 minutes de voiture, dont 10 minutes d’une piste défoncée, pour arriver à la plage susnommée. De là part un sentier qui offre une boucle de 5 kms environ à travers la forêt et qui longe pour partie la baie de Musquash.

Arrivés à marée basse, la plage porte bien son nom tant son sable est noir. L’eau est quand à elle couleur « chocolat », comme souvent nous avons pu le constater aux alentours de la baie de Fundy. Pleins d’entrain, nous entamons donc la boucle en décidant de la pratiquer dans le sens anti-horaire, l’idée étant de la terminer en longeant la baie. La première partie s’effectue dans une forêt épaisse, très silencieuse. Seuls quelques écureuils grimpent frénétiquement aux arbres et poussent des petits cris lorsque nous les dérangeons. La mousse qui tapisse le sol, d’un vert clair, et les plaques d’un lichen presque blanc, forment ça et là des tâches plus claires et renvoient la lumière du soleil qui a victorieusement transpercer les branchages des épinettes et des cèdres. Difficile de photographier les sous-bois tant les contrastes de lumière sont importants. Gageure de rendre compte de l’ambiance qui y règne.

Une boucle de 5kms peut paraître modeste mais le terrain accidenté, parfois très humide, pour ne pas dire spongieux, ralentit la marche. Je guette les bois, à l’affût d’animaux, mais les seuls que nous croiserons aujourd’hui sont bipèdes et pas forcément très intéressants à observer.

Le retour nous permet de prendre quelques pauses et de profiter de belvédères sur la baie, tandis que la marée remonte déjà. Quelques ilots au loin, un grand rocher couverts d’oiseaux, et de la forêt à perte de vue, sauf du côté où la baie s’ouvre sur la mer. Presque un parfum d’exploration d’un monde qui semble encore préservé, même si quelques artefacts de présence humaine sont visibles. Un apéritif, un amuse-bouche, qui donne vraiment envie d’aller plus loin, plus haut, plus longtemps, plus profondément dans ces grandes zones inhabitées et qui ne sont pourtant qu’à quelques encablures de la ville.

Retour à Black Beach : la mer est remontée, la plage est désormais toute petite et les gens sont presque tous partis.

La peau piquée par l’air frais et le soleil, les jambes un peu lourdes, satisfaits d’avoir profité de ces instants, nous pensons déjà à la bière qui nous attend, méritée ou non…

Retour à la chaleur de la maison, je découvre qu’un peu plus loin, une vaste zone sur la carte témoigne d’un prochain terrain de jeu et de découvertes. Encore une fois toute proche de la ville, et pourtant comme tenue dans le secret, en apparence du moins.

Le voyageur voit ce qu’il voit, le touriste voit ce qu’il est venu voir

Gilbert Keith Chesterton

2 réflexions sur « Musquash bay : Black Beach trail »

  1. Plus beau que du Sylvain Tesson….
    Et que dire des photos …que du sauvage préservé.
    Merci de nous faire partager , marcher, sentir, regarder.

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