La colline à la longue-vue

La colline à la longue-vue

La Toponymie est la poésie des géographes

Sylvain Tesson – Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages.

Aujourd’hui, c’est disruption.

En premier lieu, parce qu’en plus de faire beau, il fait chaud. Je ne me souviens pas avoir jamais éprouvé une telle plénitude a simplement ressentir la chaleur. Pour la première fois depuis quelques mois, le thermomètre se hisse en effet jusqu’à la vingtaine de degrés. A bien y penser, il me semble bien que la dernière fois que nous avions atteint de tels sommets, nous étions encore en septembre ou peut être tout début octobre l’an dernier. D’ailleurs, la nature explose juste. Les arbres mettent a peine leurs feuilles, les forsythias sont en fleur, et les locaux mettent des shorts et des débardeurs. Autre signe qui met de la joie dans nos petits cœurs: les oiseaux sont hystériques. Dès 5h le matin, ils s’affolent alors que la lueur du jour nouveau pointe. De notre cuisine, on s’émerveille aussi de voir ces beaux oiseaux qu’on découvre pour la première fois.

Pic Epeiche
Cardinal

Le second point, c’est que nous allons prendre de la hauteur. Soyons modeste, ici, nous parlerons simplement d’une colline, mais du sommet de laquelle s’offre à nous un rare panorama sur la rivière Kenebecassis. Tout en la gravissant, je me demandais bien d’où pouvait venir son nom: Spyglass Hill. Puis la magie d’internet opéra, du moins je l’espère. La révélation: ignorons toute tentative de traduction littérale (un verre espion ?), et reconnaissons le pragmatisme anglais: qu’est ce qu’une longue vue sinon le moyen d’observer sans être vu ?

Il faut admettre que la toponymie locale révèle souvent beaucoup d’informations sur le lieu qu’elle désigne. Point de patois ou d’explication ésotérique à rechercher. Parfois frappés par la sonorité des noms d’origine autochtone, dont le sens nous échappe mais tant pis. Souvent renseignés après déductions sur une des caractéristiques marquantes du lieu sinon sa fonction initiale.

J’aurais aussi pu citer la troisième surprise du jour: ma première rencontre avec un petit serpent local alors que nous traversions un ruisseau sur une branlante passerelle de bois. J’ignore toujours son nom malgré mes recherches, mais la rencontre fut trop brève pour que j’ai suffisamment de temps d’observation.

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